Ouagadougou (AA) - Me Bénéwendé Stanislas Sankara, un des responsables du collectif des avocats de la famille de Thomas Sankara assassiné en 1987 lors d'un coup d'État avec douze de ses compagnons, a déclaré lundi, que la famille de Sankara ne réclamait pas d'argent en termes de dommages et intérêts à l'issue du procès qui a connu son épilogue le 6 avril courant.
Me Bénéwendé a tenu ces propos ce lundi, à l'ouverture des plaidoiries sur les intérêts civils du procès.
La famille Sankara était guidée par la recherche de la vérité, a déclaré Me Sankara qui n'a aucun lien familial avec Thomas Sankara.
"La famille de Thomas Sankara ne réclame rien", mais souhaite recevoir la symbolique somme de 1F (0,0016 dollars) pour le préjudice moral, a-t-il fait savoir.
L'ancien président burkinabè Blaise Compaoré, son bras droit, le général Gilbert Dienderé et Hyacinthe Kafando considéré comme l'exécutant ont été condamnés à la prison à vie dans ce procès.
Huit autres accusés ont été condamnés à des peines allant de trois ans à vingt ans de prison tandis que trois accusés ont été acquittés.
La famille Sankara a également demandé à ce que l'État restitue des biens matériels de Thomas Sankara saisis, notamment une bague de mariage, un album photo, un pistolet, le journal confidentiel, et bien d’autres objets.
L'Etat burkinabè quant à lui, réclame plus d’un milliard 145 millions de francs CFA (plus de 1 600 000 dollars) aux accusés condamnés.
Les plaidoiries pour les intérêts civils se poursuivent pour les douze autres familles des victimes.
Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara, tombait sous les balles d’un commando lors d’un coup d’Etat à l’issue duquel son ami et conseiller principal et numéro deux du régime, le capitaine Blaise Compaoré prend le pouvoir.
Compaoré a été à son tour chassé du pouvoir par un soulèvement populaire fin octobre 2014, après 27 années de règne, alors qu’il voulait modifier la Constitution pour briguer un nouveau mandat.
Il s’est ensuite exilé en Côte d’Ivoire qui lui a offert la nationalité.
Le ministre burkinabè en charge de la justice, Barthélémy Kéré, a prévenu que le Burkina Faso "prendra ses responsabilités s’il y a lieu", en ce qui concerne la procédure d’extradition de Compaoré.
Ce premier procès de l’assassinat de Sankara n’a pas touché le volet international du dossier.
La responsabilité de certaines capitales africaines et puissances occidentales dans cet assassinat, notamment la France, a été évoquée mais à ce jour, il n’existe pas de preuves d'une telle implication.
Le collectif des avocats de la famille Sankara a, quant à lui, annoncé qu’il comptait s’attaquer maintenant au volet international de ce dossier, notamment au plan des complicités internationales.